19-03-2010
Athéna Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

ATHENA

La recherche

Fille de Zeus et de Métis. Déesse de la guerre, des arts et métiers, et de la sagesse. Elle participe au concours de beauté lié à la pomme d'Éris —à l'origine de la guerre de Troie. Soutient les Achéens, en particulier Achille et Ulysse.

Peut inciter à la pause. A propos des bons moments pour l’action ou la retraite, voir le Yi King : (Spécialiste en la matière !)

Incite à la prudence, à la réflexion, à la sagesse.

Lame de Raison

Athéna
DatsoPic 1.0 © 2006 by Andrey Datso
+ dame ou monsieur : Consultant(e) est raisonnable et efficace
+ soleil : Un(e) grand(e) sage illumine le monde
+ anneau : Mariage de raison
+ lys : Sagesse, droiture et correction
+ maison : Grâce à votre tempérament calme et mesuré, vous connaissez la paix
+ poissons : Profession nécessitant des qualités de diplomatie mais également de ruse et de patience
+ nuage : La quiétude est troublée
+ bouquet : La sagesse rend heureux
+ cigogne : Il y a de la maturité dans l'air...
+ chemin : Une autre manière de faire plus réfléchie s'impose
+ serpent : Attention aux soi-disant bons conseils qu'une personne mal intentionnée tente de vous prodiguer
+ enfant : Enfant calme et réfléchi ; ou invitation à devenir plus mature
+ coeur : Amour propre, honneur, fierté
+ faux : Coup de sang, acte irréfléchi
+ verge : Calomnie, diffamation
+ vaisseau : Prudence au volant ou lors de tout déplacement
+ chien : Un(e) ami(e) sage et de bons conseils !
+ livre : Faites le vide en vous... afin d'y trouver la sage attitude
+ ours : Faites attention aux sous : aucune dépense inconsidérée !
+ ancre : Votre prudence excessive vous freine... Il serait peut-être bon de lever l'ancre pour aller de l'avant !
+ cavalier : Arrivée d'une personne sage et réfléchie
+ cercueil : Déception
+ renard : Méfiez-vous des faux amis !
+ jardin : Bonne société. Relations de qualité
+ lune : On se berce d'illusions !
+ clef : Prudence et perspicacité conduisent à une heureuse fortune
+ mont : Ennemi(s) rusé(s) ; soyez extrêmement vigilant !
+ lettre : Nouvelles culturelles
+ arbre : Réfléchi, calme et serein
+ oiseaux : Conversation intelligente
+ souris : Attention au laisser-aller !
+ tour : Autorité culturelle ; Ou : Austérité. Le sujet se consacre exclusivement à son oeuvre
+ étoile : Sagesse et séreinité
+ trèfle : Le savoir-faire et la patience ont payé : Qualités reconnues !
+ croix : Perte de repaires et valeurs...
 
+ albatros : Le savoir-faire donne des ailes !
+ puits : Economie. Gestion parfaite
+ carnaval : Ruse et prudence vous sont recommandées !
+ meute : Personnes ayant en commun le savoir-faire et qui se meuvent harmonieusement
+ sceptre : Maîtrise totale du sujet
+ ouranos : Grosses difficultés à se conformer aux règles établies
+ cronos : Bannissement
+ zeus : Harmonie parfaite entre savoir-faire, sagesse et pouvoir
+ hera : Gestion exemplaire ; Raison pure
+ apollon : Créativité et sens pratique sont au rendez-vous ; parfait pour joindre l'utile à l'agréable
+ arès : Moralité désastreuse ; Conflit dû à la négligence
+ île : La sagesse procure la paix
+ aphrodite : Savoir-faire et nonchalance ; Travail sérieux accompli dans le calme
+ poséïdon : Difficultés à gérer sagesse, savoir-faire et lourdes exigences stressantes que la vie nous impose
+ hades : Carences morales

 

Le petit lemoine et les hexagrammes du Yi King (à titre indicatif : phase expérimentale ; voir indications importantes dans le journal des créations de pages) :

Athéna
DatsoPic 1.0 © 2006 by Andrey Datso
+ zeus : Venir à la rencontre
+ poséïdon : La Durée
+ hades : Le Puits
+ cronos : Le Travail sur ce qui est corrompu
+ hera : La Poussée vers le haut
+ arbre : Le Doux
+ apollon : Le Chaudron
+ aphrodite : La Prépondérance du grand

Athéna

Alors qu’elle était enceinte d’Athéna, la déesse Métis fut avalée par Zeus, son amant, qui craignait que l’enfant qu’elle portait ne la détrônât. Mais le dieu sentit bientôt les douleurs d’un violent mal de tête. Héphaïstos lui fendit le crâne d’un coup de hache. Athéna sortit de la déchirure de sa tempe, tout armée et casquée, en poussant un immense cri de guerre. La déesse, l’une des douze divinités de l’Olympe [les autres sont : Zeus, Héra, Poséidon, Apollon, Hermès, Arès, Artémis, Héphaïstos, Hestia, Aphrodite et Déméter], devait être mêlée, de près ou de loin, à la plupart des grands récits cosmogoniques. Douée d’une noble raison, ayant acquis de sa mère le sens de la sagesse, elle devint, en effet, pour les dieux, une précieuse conseillère et les aida, en particulier, à vaincre les Géants. Cependant, elle n’hésita pas à disputer à Poséidon la possession de l’Attique. Tandis que le dieu frappait l’Acropole de son trident et en faisait jaillir un splendide coursier ou, disent d’autres versions, un lac salé, la déesse offrait aux habitants du pays un olivier, symbole de la paix et aussi de richesse. Ces derniers jugèrent que l’arbre leur serait plus utile que le cheval et choisirent finalement Athéna pour protectrice. On verra la déesse protéger sans relâche les grands héros de l’Attique et la plupart des chefs grecs au cours de la guerre de Troie. Bientôt les attributions d’Athéna se développèrent et se multiplièrent. Elle ne fut plus seulement la chaste déesse qui priva Tirésias de la vue parce que le devin avait osé la regarder se baigner [Soit une autre version de sa cécité], ou qui fit chasser de l’Olympe Héphaïstos, coupable d’avoir attenté à son honneur ; elle ne fut pas uniquement la déesse de la Guerre portant la cuirasse, l’égide, la lance d’or, le bouclier, où surgissait la tête de Méduse, telle, en somme, que la représentait le Palladion : elle devint la protectrice de l’état, la déesse qui garantit l’équité des lois, leur juste application, tant devant les tribunaux que dans les assemblées. Mais la loi seule ne peut suffire à assurer la pérennité d’un état, d’un peuple : celle-ci doit également provenir de la prospérité du pays. Aussi Athéna veille, avec une particulière bienveillance, sur l’agriculture. Elle a inventé, pour la commodité des hommes, les instruments aratoires, qui permirent à la terre attique de fournir un meilleur rendement. En outre, la déesse protège chaque famille, veille sur l’entente et la chasteté des époux, sur l’honneur du foyer et la santé de quiconque (« Athéna Hygieia ») Par l’influence heureuse de sa raison et de sa pensée réfléchie et subtile, Athéna apporte aux lettres et aux arts l’énergie et l’inspiration nécessaires à un rayonnement spirituel étendu et constant. Il s’ensuit que cette divinité apparaît bien comme le symbole divin de la civilisation grecque, qui par sa force guerrière, par son intelligence, sa sagesse, la modération de ses mœurs et la beauté étudiée de ses monuments artistiques et littéraires a su imposer sa domination sur le monde. Plus tard, les Romains l’ont identifiée avec Minerve.

[Le moment est venu de pénétrer plus profondément dans la nature d’Athéna. Avec l’être de la divinité, c’est ici quelque chose de l’esprit et de l’idéal de l’hellénisme qui se dévoile à nous. Où pourraient-ils se manifester plus clairement que dans l’apparition de la déesse ?
            Ce qu’Athéna montre aux hommes, ce qu’elle attend d’eux, ce qu’elle leur inspire, c’est bien l’audace, la volonté de triompher, et le courage. Tout cela n’est rien sans la sobriété et l’illumination de la clarté. Avant tout, c’est d’elles que jaillit l’action. Elles seules portent à la perfection la nature de la déesse de la victoire. Cette lumière qui est la sienne n’éclaire pas seulement le guerrier au combat : chaque fois que, dans la vie, une action grande et héroïque doit être menée à bien par la lutte, Athéna est là, présente. Quelle étendue de l’esprit, chez un peuple qui aimait le combat, pour qu’il reconnût la même perfection partout où le regard clair et sobre montre la voie à toute action, et pour qu’il pût implorer comme déesse de sa gloire celle qui n’était pas seulement la vierge des batailles ! Elle est la splendeur du moment clair et puissant à la rencontre duquel ne peut manquer de voler l’accomplissement, tout comme la Niké ailée s’envole des mains de la déesse pour porter la couronne au vainqueur. Elle est la toujours-proche. Sa parole et son œil fulgurant touchent le héros au bon moment, pour l’exalter à l’œuvre du sens le plus grand et de l’humanité la plus haute.
            C’est là qu’il faut penser à Apollon, à Hermès et à Artémis, que nous ne pouvons pas ne pas comparer à Athéna.
            Apollon est le dieu du lointain et, comme tel, le dieu de la pureté et de la connaissance. Athéna est la déesse de la proximité. Par là, elle ressemble à Hermès. Comme lui, elle conduit ses favoris. Ils guident parfois tous les deux le même héros. Un monde sépare cependant ces deux manières de conduire. Nous reconnaissons en Hermès la présence et l’orientation divines comme bonheur miraculeux du gain soudain, de la trouvaille, de la saisie et de la jouissance irresponsable. Athéna est au contraire la présence et l’orientation divines comme illumination et inspiration et l’emprise et l’achèvement victorieux. À Hermès appartient le secret, le demi-jour, le spectral. Athéna est clarté du jour. L’onirique lui est étranger, comme la nostalgie et la langueur. Elle ne sait rien des tendres ravissements de l’amour. « Tout les êtres, dans le ciel et sur la terre », dit l’Hymne homérique à Aphrodite [1] , « célèbrent la déesse de l’amour, mais sa puissance cesse avec Athéna ». Chez Homère et Hésiode, elle est appelée Pallas, « la jeune fille » [2]. À Athènes, elle porte le nom fameux de Parthénos, « la vierge ». Cette antipathie pour l’union amoureuse et le mariage la rapproche d’Artémis. Mais là aussi, la comparaison a cette vertu remarquable qu’elle fait ressortir les différences de nature. Ce qu’il y a chez Athéna, ce n’est pas comme chez Artémis, le caractère entier, pudique et brusque de l’adolescente qui résiste à l’amour, c’est l’esprit de l’action. Il appartient à sa nature de s’allier à des hommes, de penser toujours à eux, de toujours être proche d’eux, pour se manifester dans des moments capitaux qui se distinguent de l’érotique, non par la pruderie, mais par une vivacité vigoureuse et claire dans l’action. Quelle différence entre cette déesse de la proximité et l’esprit du lointain que nous reconnaissons aussi bien chez Artémis que chez son frère Apollon ! Ses inclinations et ses alliances ressemblent à l’amitié que peut éprouver un homme pour un homme. Bien des vies de héros en portent témoignage. Les plus explicites sont pour nous, dans la poésie, son amour pour Ulysse et, dans les arts plastiques, son amour pour Héraclès. Elle prend part à tout : conseille, secourt, exalte, et se réjouit du succès. Chez Homère, la description de sa rencontre avec Ulysse est bouleversante. Le héros vient enfin de retrouver sa patrie, mais il ne la reconnaît pas encore. Elle se fait alors reconnaître à lui, le caresse en souriant et ne se fâche pas qu’il ne veuille pas la croire, elle, la déesse, mais l’assure au contraire de la force de l’alliance qui les lie pour toujours l’un à l’autre sous le signe de son esprit lumineux [3]. Dans tout cela, chez la déesse, pas la moindre trace de coquetterie, ni de galanterie chez l’homme. Athéna est femme, et c’est comme si elle était homme. Même ce sentiment féminin qui relie la fille à la mère lui fait défaut. À vrai dire, elle n’a jamais eu de mère. Elle est « la fille du père puissant ». De toute antiquité – et l’Iliade en est pour nous le plus ancien témoignage – il est bien établi qu’elle appartient toujours et tout entière à son père. Chez Eschyle, elle professe clairement ses sentiments masculins. «  Car nulle mère ne m’a enfantée », dit-elle dans les Euménides [4] « en toute chose mon cœur appartient au masculin, mais non pour le mariage, car je suis tout entière du parti de mon père ». (...) (Otto, W. Les dieux de la Grèce. « Athéna » PP 70-73. Payot(1981))]
           

[1]  Les Échinades sont un groupe de petites îles inhabitées, sur la côte ouest d’Arcananie, à l’embouchure de l’Achéloos, dont les alluvions ont relié quelques-unes unes entre elles à la terre.
[2]  Les fleuves étaient souvent représentés, en raison de leur impétuosité et des ravages qu’ils causaient en période de crue, sous la forme d’un taureau à face humaine et cornus. Achéloos n’a plus qu’une corne et va conter en quelle circonstance lui fut arrachée l’autre.
[3]  Thésée. Sa mère Æthra avait été, disait la légende, visitée la même nuit par Égée et Poséidon ; légende analogue à celles d’Althæa et de la naissance de Méléagre et de Chioné et de ses jumeaux Autolycos et Philammon. Le héros était donc qualifié de fils tantôt de l’un, tantôt de l’autre. Ainsi s’explique l’épisode de l’anneau jeté à la mer par Minos, qui défia Thésée d’aller le réclamer à son père (Hygin, Poet. astr., 5) ; le jeune homme releva le défi et l’anneau lui fut rendu par Amphitrite, scène retracée sur la célèbre coupe du peintre Brygos, au Louvre.
[4]  Ovide a conté plus haut le combat entre Achille et Cycnos, fils de Poséidon, métamorphosé par son père en cygne après sa défaite. Le cygne est qualifié d’oiseau chéri de Phaéton, car c’était celui en lequel avait été métamorphosé son ami Cycnos, fils de Sthénélos. On peut faire observer que Phaéton n’avait pas connu cette métamorphose, conséquence précisément de la douleur que Cycnos éprouva de la mort de son ami.
 
< Précédent   Suivant >