Une des douze grandes divinités de l’
Olympe [les autres sont :
Zeus,
Héra,
Poséidon,
Apollon,
Hermès,
Arès,
Artémis,
Athéna,
Hestia,
Héphaïstos et
Déméter] Ses pouvoirs sont immenses : déesse aimable, elle protège les mariages, favorise l'entente amoureuse des époux, féconde les foyers, préside aux naissances. Elle fertilise aussi les champs. Mais elle peut être également une divinité redoutable, car elle symbolise bien souvent la passion que rien n'arrête, qui rend fous d'amour ceux qu'elle veut perdre ; elle ravage même les unions légitimes, poussent les époux à l'adultère, favorise la fécondité des amours illégitimes et incite les mortels à toutes les voluptés et à tous les vices. Aphrodite devient alors une déesse fatale, dont la ceinture magique donne à celui qui la ceint un étrange pouvoir de désirs perpétuels. Toutefois, ce caractère redoutable n'apparaît véritablement que chez la Vénus des Romains, identifiée avec Aphrodite. Les fruits aux nombreux pépins, symbole de la force féconde, comme la grenade, le pavot, la pomme, lui sont habituellement consacrés. Parmi les oiseaux qui traînent son
char ou l'entourent, on peut citer la colombe, le cygne, le pigeon, emblèmes de la fidélité conjugale. On représente généralement Aphrodite, nue ou à demi-vêtue, dans des poses voluptueuses, drapée dans un mince voile qui moule les formes à la fois pleines et harmonieuses de son corps. Par ce caractère de sensualité, elle est souvent assimilée à la déesse orientale phénicienne Astarté.
Sur l'origine d'Aphrodite, déesse de l'Amour et de la Beauté, on connaît deux versions. Selon la première, Celle d’Homère, elle est la fille de
Zeus et de
Dioné ; d'après la seconde, celle d’Hésiode, elle est née du sperme qui tomba dans la mer quand
Cronos eut émasculé son père. Cette semence féconda les flots, et Aphrodite surgit au creux d'une vague, aussi blanche et aussi belle que l'écume. Dès lors, l'amour dont elle était l'incarnation divine allait régner sur les
dieux, les hommes et toutes les créatures animées. Épouse d’Héphaïstos, elle trompa fréquemment le dieu et conçut en particulier un amour particulier pour Arès, auquel elle donna des enfants célèbres, comme
Éros et
Antéros. Mais elle fut bientôt surprise par son époux, qui emprisonna les deux amants dans un filet. Honteuse, Aphrodite quitta quelques temps l'Olympe. Elle devait cependant encore trahir Héphaïstos en partageant la couche de
Dionysos, d'
Hermès et de Poséidon. Toutefois, la déesse ne se contenta pas de l'amour des dieux de l'Olympe. Des mortels, comme le Troyen
Anchise, succombèrent à sa beauté et à sa grâce : elle donna ainsi le jour à
Énée, l'ancêtre des Julii, dont César prétendait descendre. Elle aima enfin passionnément
Adonis, symbole de la végétation qui renaît chaque année à la vie et à l'amour. Elle prit une part active aux actions des hommes, reçut de
Pâris la fameuse pomme d'or et témoigna sa reconnaissance au héros troyen en faisant naître entre lui et
Hélène un amour qui devait être si fatale à la ville de
Troie.
Théogonie d’Hésiode : vers
16,
195,
196,
198,
822,
934,
962,
975,
980,
989,
1005,
1008,
1014 [... « Lui aussi, le dieu dont l’astre, de sa lumière, règle tout dans le monde, le Soleil, a ressenti l’amour ; nous raconterons les amours du Soleil. Le premier, croit-on, ce dieu vit l’adultère d’Aphrodite et d’Arès [23]. Ce dieu voit tout le premier. Il en fut indigné et dénonça au mari, fils d’Héra, l’affront clandestin fait à sa couche et le lieu où il se perpétrait. Héphaïstos en sentit lui échapper à la fois sa raison et l’objet que tenait sa main sur l’enclume. Sans tarder, à la lime, il façonne de minces chaînes de bronze, un filet, des lacets tels qu’ils fussent invisibles pour l’œil. Les fils les plus ténus ne l’emporteraient pas sur son œuvre, ni la toile que l’araignée suspend à la poutre du plafond ; il sait les rendre sensibles aux plus légers contacts, aux moindres mouvements, et les dispose habilement tout autour du lit. Lorsque se rencontrèrent sur la même couche l’épouse et le dieu adultère, grâce à l’art du mari et retenus par ces liens d’un dispositif tout nouveau, tous deux au milieu de leurs embrassements se trouvent immobilisés, prisonniers. L’habitant de
Lemnos, aussitôt, ouvrit tout grand les battants d’ivoire et fit entrer les dieux. Les coupables restèrent couchés, piteusement attachés ensemble. Et l’un des dieux, mis en gaîté, souhaite subir la même honte. Les Olympiens se mirent à rire, et l’aventure fut longtemps la fable des habitants du ciel... » (
Ovide)]